La Guerre des mondes en live et en 3D

Fiction
La Guerre des mondes en live et en 3D
Fiction
Équipe de réalisation
1 h et 7 min

"Nous savons maintenant, en ce début de 20e siècle, que ce monde est observé par une intelligence supérieure à l'homme". C'est comme ça que la voix grave et solennelle d'Orson Welles annonce, le 30 octobre 1938, le début de cette pièce devenue mythique. La Guerre des mondes, adaptée du roman de H.G. Welles. A l'époque, la pièce donne l'illusion d'un véritable direct, ce qui créera quelque panique, même si l'ampleur de celle-ci fait aujourd'hui largement débat. 80 ans après cette pièce en mono, la version librement adaptée par le réalisateur Alexandre Plank, que France Culture a enregistrée en public le 21 septembre 2015, a donné lieu à plusieurs expériences de spatialisation sonore live, à découvrir ici en binaural et en 5.1.

UNE FICTION AU CASQUE

Pendant cet enregistrement public, les spectateurs du studio 105 se sont vus équiper de casques et la fiction qui se déroulait devant leurs yeux leur est ainsi parvenue aux oreilles diffusée en son binaural. Toutes les séquences n'ont pas été spatialisées. Les scènes représentant le direct depuis le studio de CBS ont été captées normalement. Le comédien Olivier Broche, au micro, vous parle en stéréo. En revanche, à chaque scène de duplex, les techniciens Bruno Mourlan et Martin Delafosse ont créé un paysage sonore en 3D, pour immerger davantage le spectateur, comme s'il s'était faufilé avec le reporter sur place. Dans le public du Crillon, dans l'observatoire, sur le lieu d'atterrissage des extra-terrestres, sous les bombardements, ou sur le toit de la Maison de la Radio de New-York.

L'expérience fut délicate, car cette opération qui consiste à tromper le cerveau de l'auditeur par le son binaural peut être totalement annihilé par le visuel du spectacle. Si l'on créé un événement sonore à l'arrière, alors que la scène se déroule devant vous, votre cerveau ne se laissera pas duper. En revanche, toute la salle ou presque s'est retournée, au début de la pièce, agacée par ses voisins trop bruyants, avant de s'apercevoir que le public du 105 était stoïque et que l'illusion provenait uniquement de la bande-son reçue dans le casque. 

UN MIXAGE EN LIVE

Expérience délicate aussi avec une mise en scène aussi riche. Sur scène, pas moins de 13 personnes, cinq comédiens, un bruiteur et sept musiciens. Equipées de près d'une cinquantaine de micros, dont huit pour le seul saxophoniste. Expérience audacieuse enfin, car "ce spectacle avait été prévue à l'origine en stéréo, précise Bruno Mourlan, et n'a bénéficié d'aucuns moyens ou heures supplémentaires. Et surtout, tout a été mixé en live !". Pour autant, l'opérateur son, qui a déjà travaillé sur Le kojiki -Demande à ceux qui dorment, se dit particulièrement satisfait de deux passages : "la scène de la forêt [à 21'] et celle des bombardiers [à 39'] où le sax a envoyé des petits sons soufflés dans une installation de quatre micros en étoile, si bien que ces sons donnent l'illusion de tourner autour des auditeurs". Ces scènes en tout cas sont effectivement saisissantes, tant l'immersion sonore, ajoutée au jeu tendu de Maëlia Gentil (alias Carla Philipps), est réussie. De quoi tromper l'auditeur comme en 1938 ? Peut-être pas. Mais si vous voulez comparer, voici un extrait de la version originale disponible sur le site de l'INA. 

À lire enfin, le making-of de la fiction d'Alexandre Plank dans l'émission Fabrication maison, sur France Musique. 

 

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